Instagram
120 Avenue Saint-Exupéry, Antony, 92160 5 Bridge St, Brooklyn, NY 11201 +33 7 67 03 46 64

Madie Home

  /  Divers   /  REVENIR A L’ESSENTIEL

REVENIR A L’ESSENTIEL

Quand j’étais petite, ma mère nous emmenait tous les week-ends aux champs, Avec mes tantes, elles avaient des plantations de cultures diversifiées. On y trouvait du manioc, de la banane,, de l’oseille, des aubergines, du piment, des avocatiers, des arachides, des palmiers, des manguiers, du maïs ….
Très jeunes, elle nous a su nous inculquer la valeur de la terre. Très tôt , elle nous a enseigné la valeur du travail, elle nous a montré que travailler la terre nécessite certes d’avoir les mains sales, les ongles sales, mais la récolte est plus que gratifiante. Elle nous a appris à planter, mais aussi à récolter. Elles nous appris qu’une femme peut être belle, bien maquillée, bien vêtue, mais si elle n’a que ça à faire valoir, elle n’a pas de valeur au yeux du monde et surtout pas aux yeux d’un homme.
Lorsque nous sortions de la plantation , fières d’avoir nos paniers au dos, nous nous s’installions au petit marché du Cap ( pas loin de Libreville) , nous etalions des nattes sur lesquelles nos produits à vendre étaient présentés et nous vendions jusqu’au soir.
Le dimanche après l’Eglise, chacune avait ses paquets de feuilles de manioc à décortiquer et à piler , son oseille et ses aubergines à couper. C’est pendant ces moments, que ma mère nous montrait comment décortiquer, comment couper, comment piler, comment préparer. C’est pendant ces moments qu’elle nous transmettait la connaissance pour être de bonnes femmes demain. Et aujourd’hui, malgré le confinement, je suis heureuse de voir qu’elle sait où se ravitailler en bananes, en légumes, en manioc et bien sûr mes sœurs en profitent.

Aussi, je me souviens de la première fois que maman nous a emmené dans son chantier. Il n’y avait que la brousse autour et on se demandait comment une maison pouvait sortir d’une telle brousse. Avec les moyens de secrétaire de direction qu’elle avait, elle nous a montré, plus de 20 ans après la pose de la première pierre, qu’avec la foi, la fermeté, l’organisation, la focalisation sur son objectif, la planification, le courage, la détermination, une maison pouvait sortir d’un terrain vide. Encore là, elle nous a enseigné les valeurs d’un bâtisseur. Il part toujours de rien pour bâtir un édifice. Avec le peu qu’elle avait, elle a construit cette maison qui nous a vu évoluer .
Tout ceci pour nous encourager à voir la terre autrement que cette vaste étendue sur laquelle nous nous déplaçons. C’est une richesse qui peut nous apporter de quoi nous nourrir et nourriture d’autres familles. Nous pouvons en tirer des revenus immenses en la cultivant et en vendant nos récoltes. La terre peut nous permettre de bâtir des fondements sûrs (un toit où vivre avec notre famille, mais aussi investir sur du locatif…).
Tant que nous sommes encore debout, réfléchissons à comment acquérir cette terre qui sera le fondement de beaucoup de choses par la suite. Avoir de beaux habits, de belles voitures, de beaux sacs, c’est certes gratifiant pour certains mais jamais je n’ai entendu qu’on mange toutes ces choses ou qu’on dort dans notre sac Dior.
De plus, que laisseriez-vous à vos enfants si vous partez aujourd’hui ? la voiture des années 80 que vous aviez acheté à coût de million, ou le sac crocos qui a perdu de son éclat avec l’humidité ?
Je nous laisse réfléchir sur nos réponses.
2020 n’est pas encore terminée . Nous pouvons encore poser de vrais actes.

Laisser un commentaire